Dans une démarche de permaculture, la gestion de l’eau ne s’arrête pas à la pluie ou à l’arrosage. L’eau utilisée quotidiennement dans une habitation doit elle aussi être collectée, traitée puis restituée au milieu naturel dans de bonnes conditions.

La phytoépuration repose sur des filtres plantés, généralement composés de graviers, de sable et de végétaux adaptés aux milieux humides. Contrairement à ce que son nom peut laisser penser, les plantes ne réalisent pas seules l’épuration : une grande partie du traitement est assurée par les micro-organismes qui se développent dans le substrat et autour des racines.

Cette approche peut ainsi trouver sa place dans une réflexion plus globale sur la gestion de l’eau au jardin, aux côtés de la récupération de l’eau de pluie, des swales ou encore du Keyline Design.

Qu’est-ce que la phytoépuration ?

La phytoépuration désigne différents procédés permettant de traiter les eaux usées grâce à des filtres végétalisés.
Ces installations sont généralement constituées de plusieurs couches de matériaux minéraux, comme du gravier ou du sable, dans lesquelles poussent des végétaux adaptés aux milieux humides, souvent des roseaux.

Graviers filtrants

Plantes adaptées

Micro-organismes actifs

Circulation maîtrisée

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À retenir

La phytoépuration n’est donc pas simplement un bassin rempli de plantes aquatiques. Il s’agit d’un véritable dispositif d’assainissement dont la conception et le dimensionnement sont déterminants

Comment fonctionne la phytoépuration ?

Le fonctionnement exact varie selon les installations, mais le principe général consiste à faire circuler les eaux usées à travers un ou plusieurs filtres successifs.
gravier phytoepuration

Filtration physique

Lorsque l’eau traverse le substrat minéral, certaines matières sont retenues mécaniquement. Les différents matériaux du filtre offrent également une importante surface sur laquelle les micro-organismes peuvent se développer.

Traitement biologique

C’est ici que se déroule une grande partie du travail d’épuration. Des bactéries présentes naturellement dans le massif filtrant participent à la dégradation de la matière organique contenue dans les eaux usées.

filtration par les plantes
plantes filtrantes

Le rôle des plantes

Les roseaux ne sont donc pas des « filtres » à eux seuls. Leur système racinaire et leur développement participent au maintien du fonctionnement du milieu filtrant et créent un environnement favorable à l’activité biologique.
Une fois traitée, l’eau est ensuite évacuée selon la conception du système et les possibilités du terrain, dans le respect de la réglementation applicable.

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Le saviez-vous ?

Les filtres plantés de roseaux ne sont pas réservés aux maisons individuelles. INRAE indique que plus de 6 500 stations de traitement des eaux usées en France, soit environ 25 % d’entre elles, utilisent des filtres plantés de roseaux.

Quels sont les avantages et les contraintes ?

La phytoépuration peut être particulièrement intéressante lorsque l’on cherche à intégrer l’assainissement de manière plus naturelle dans son terrain.

Elle offre notamment plusieurs avantages :

integration naturelle

Une intégration décorative

La phytoépuration s’intègre facilement dans un jardin. Les bassins plantés peuvent devenir de véritables espaces végétalisés et se fondre dans l’aménagement paysager.
micro organismes filtrants

Un traitement naturel

Le traitement repose en grande partie sur des processus biologiques naturels, grâce notamment aux micro-organismes présents dans le massif filtrant.
phytoepuration econome energie

Une faible consommation d’énergie

Selon la conception de l’installation et la configuration du terrain, la phytoépuration peut fonctionner avec des besoins énergétiques limités.
gestion eau globale

Une gestion de l’eau plus globale

La phytoépuration peut s’inscrire dans une réflexion plus large sur la gestion de l’eau à l’échelle du terrain. Lorsque celui-ci présente du relief, cette réflexion peut notamment être complétée par une lecture de la circulation de l’eau inspirée du Keyline Design.

Peut-on installer une phytoépuration chez soi ?

Oui, mais une installation de phytoépuration destinée à traiter les eaux usées d’une habitation ne s’improvise pas. Lorsqu’une maison n’est pas raccordée au réseau public d’assainissement, le dispositif relève de l’assainissement non collectif (ANC) et doit respecter la réglementation en vigueur ainsi que les contrôles du SPANC.

La faisabilité du projet dépend directement du terrain et des besoins du foyer. La surface disponible, la pente et la configuration de la parcelle, les caractéristiques du sol ou encore le nombre d’occupants vont notamment déterminer le dimensionnement et la conception du dispositif. Il faut également prévoir dès le départ la manière dont les eaux seront évacuées après traitement.

Cette étape permet aussi de réfléchir au terrain dans son ensemble. L’emplacement de la phytoépuration peut ainsi être étudié parallèlement à la récupération de l’eau de pluie, aux zones favorisant l’infiltration ou aux aménagements permettant de conserver davantage d’humidité dans le sol.

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Conseil pratique

Avant de dessiner ou de modifier votre jardin autour d’un projet de phytoépuration, commencez par contacter votre SPANC. Vous connaîtrez ainsi les contraintes du terrain et les solutions envisageables avant de positionner définitivement les différents aménagements.

Questions fréquentes

Quelle différence entre phytoépuration et récupération d'eau de pluie ?
Les deux systèmes répondent à des objectifs complètement différents. La récupération de l’eau de pluie consiste à collecter et stocker les précipitations, tandis que la phytoépuration permet de traiter les eaux usées provenant de l’habitation.
Peut-on arroser son jardin avec l'eau issue d'une phytoépuration ?
Pas automatiquement. La réutilisation d’eaux usées traitées est réglementée et dépend notamment de la qualité de l’eau obtenue et de l’usage envisagé. Une eau traitée par phytoépuration ne doit donc pas être considérée comme librement utilisable pour l’arrosage.
La phytoépuration fonctionne-t-elle uniquement avec des roseaux ?
Non. Les roseaux sont très fréquemment utilisés dans les filtres plantés, mais le choix des végétaux dépend du système retenu. Surtout, l’épuration ne repose pas uniquement sur les plantes, mais sur l’ensemble constitué par le substrat, les micro-organismes et la végétation.
Faut-il beaucoup de terrain ?
Cela dépend du dispositif et du dimensionnement nécessaire. Les systèmes de phytoépuration demandent néanmoins généralement une certaine surface disponible, ce qui doit être pris en compte dès la conception du projet.

Conseil pratique

Julien Abes Permacrea

La phytoépuration apporte une réponse à une partie bien précise du cycle de l’eau : le traitement des eaux usées.

Elle complète ainsi les autres solutions mises en place à l’échelle d’un terrain : récupérer l’eau de pluie, ralentir son ruissellement, favoriser son infiltration ou encore limiter son évaporation.

Plutôt que de chercher une solution unique, l’intérêt consiste donc à combiner intelligemment plusieurs approches, chacune intervenant à un endroit différent du cycle de l’eau.