Lorsqu’un terrain est en pente, une partie de l’eau de pluie peut rapidement ruisseler vers le point le plus bas au lieu de pénétrer progressivement dans le sol. Les swales font partie des aménagements utilisés en permaculture pour ralentir ce mouvement.
Le principe est assez simple : créer une légère dépression suivant une courbe de niveau afin de retenir temporairement l’eau et de lui laisser davantage de temps pour s’infiltrer.
Mais une swale n’est pas un simple fossé creusé au hasard dans un jardin. Son emplacement, son niveau et la manière dont son trop-plein est géré sont essentiels à son bon fonctionnement.
À lire aussi : Gestion de l’eau en permaculture : les principes pour un jardin plus résilient
SOMMAIRE
Qu’est-ce qu’une swale en permaculture ?
Une swale est une dépression creusée transversalement à la pente, en suivant une courbe de niveau.
Contrairement à un fossé de drainage classique, son objectif n’est donc pas d’évacuer l’eau le plus rapidement possible. Elle cherche au contraire à ralentir le ruissellement et à favoriser l’infiltration de l’eau dans le sol.
La terre retirée lors du creusement est généralement utilisée pour former une petite butte située juste en aval.
Le principe peut donc être résumé ainsi :
01. La pluie ruisselle
0.2 Elle rencontre la swale
03. L’eau ralentit
04. Elle s’infiltre dans le sol
À quoi servent les swales ?
L’objectif principal d’une swale est de modifier la manière dont l’eau traverse un terrain.
Sur une pente nue ou peu perméable, une pluie importante peut rapidement générer du ruissellement. Plus l’eau accélère, moins elle dispose de temps pour infiltrer le sol.
Les techniques de récupération passive de l’eau reposent justement sur trois principes simples : ralentir l’eau, l’étaler et favoriser son infiltration.
Cela ne signifie pas qu’une swale transforme automatiquement un terrain sec en terrain humide. Son efficacité dépend fortement de la pente, de la nature du sol, du bassin versant et de la quantité d’eau réellement disponible.
Où et comment installer une swale ?
Avant de creuser, le plus important est d’observer son terrain, idéalement pendant ou juste après une pluie. Cela permet de voir comment l’eau circule naturellement : où elle ruisselle, où elle accélère, quelles zones restent sèches et où apparaissent éventuellement des traces d’érosion.
Une fois ces mouvements repérés, il faut identifier les courbes de niveau afin de positionner la swale correctement. Dans un petit jardin, un simple niveau en A peut déjà suffire.
La profondeur et la largeur dépendent ensuite du terrain, du type de sol et de la quantité d’eau à gérer. Il n’existe donc pas de dimension universelle : l’aménagement doit être adapté au contexte.
Il faut aussi anticiper les fortes pluies en prévoyant une zone de trop-plein où l’eau pourra s’évacuer sans créer d’érosion.
Enfin, mieux vaut rester prudent à proximité d’une maison, d’un mur ou sur une pente importante. L’objectif est de mieux infiltrer l’eau, pas de la concentrer à un endroit où elle pourrait poser problème.
Que planter autour d’une swale ?
La petite butte créée avec la terre extraite peut rapidement devenir une vraie zone de plantation.
Ils sont particulièrement utiles pour éviter de laisser la terre nue. En formant un tapis végétal, ils limitent l’évaporation, protègent la surface du sol contre les fortes pluies et participent à la conservation de l’humidité. Cette couverture du sol fait partie des différents leviers permettant de garder l’humidité dans le sol et de réduire les besoins en eau.
On peut notamment y installer :
Des arbres fruitiers
Pommiers, poiriers, pruniers ou autres fruitiers peuvent profiter d’un sol qui conserve mieux l’humidité. Ils sont particulièrement intéressants sur la partie aval de la swale, à condition de choisir des espèces adaptées au climat, au sol et au niveau réel d’humidité.
Pour aller plus loin dans le choix des essences, retrouvez aussi notre guide consacré aux arbres fruitiers à planter au jardin.
Des arbustes
Des plantes vivaces
Des couvre-sols
Ils sont particulièrement utiles pour éviter de laisser la terre nue. En formant un tapis végétal, ils limitent l’évaporation, protègent la surface du sol contre les fortes pluies et participent à la conservation de l’humidité. La végétation n’est d’ailleurs pas la seule solution pour éviter de laisser ces zones à nu. Un paillage adapté permet également de protéger le sol et de limiter les pertes d’eau par évaporation.
Swales et Keyline Design : quelle différence ?
Les swales et le Keyline Design partent d’une même idée : mieux utiliser l’eau déjà présente sur le terrain plutôt que la laisser s’écouler trop rapidement. La différence tient surtout à l’échelle et à la manière d’intervenir.
Une swale est un aménagement assez localisé, généralement installé sur une courbe de niveau. Elle intercepte le ruissellement et laisse davantage de temps à l’eau pour s’infiltrer dans le sol. Le Keyline Design va plus loin dans la lecture du terrain. Il s’intéresse au relief dans son ensemble et cherche à mieux répartir l’eau à travers le paysage en s’appuyant sur des lignes précises.
Les deux approches peuvent donc très bien se compléter : la swale agit à un endroit donné, tandis que le Keyline Design raisonne davantage à l’échelle globale du terrain.
Découvrir le Keyline Design
Le Keyline Design est une méthode qui utilise le relief naturel du terrain pour mieux répartir l’eau et limiter son accumulation dans les points bas.
Découvrir notre article : Keyline Design : mieux gérer l’eau grâce au relief du terrain
Questions fréquentes
Une swale risque-t-elle de devenir une mare après la pluie ?
Est-ce qu’une swale peut attirer les moustiques ?
Faut-il entretenir une swale régulièrement ?
Peut-on créer une swale soi-même ?
Conseil pratique