La présence de l’eau dans un jour symbole de vie : elle permet aux espèces de s’hydrater (oiseaux, insecte, petits mammifères), mais elle apporte aussi calme et apaisement. Mais l’eau est avant tout une ressource qu’il faut savoir préserver. On l’utilise, notamment, pour l’arrosage de son jardin, ce qui nécessite donc des solutions de stockage adaptées lorsque l’on souhaite conserver l’eau de pluie, par exemple.
La permaculture propose une approche différente. Par l’observation, nous pouvons découvrir quelles sont les zones permettant de recueillir l’eau, où il sera judicieux de la conserver ou encore, comme elle circule naturellement dans notre extérieur.
Il existe des techniques permettant de ralentir le ruissellement de l’eau de pluie pour mieux la récupérer, favoriser son infiltration pour un meilleur arrosage de votre jardin, ou de votre potager. Le choix de vos végétaux peut aussi être un levier complémentaire intéressant. Pour cela, il est nécessaire de bien concevoir votre jardin dans son ensemble.
Nous vous proposons de découvrir dans ce guide les grands principes de la gestion de l’eau en permaculture et les principales solutions qui peuvent être envisagées selon votre terrain.
SOMMAIRE
Pourquoi la gestion de l’eau est-elle essentielle en permaculture ?
Généralement, l’eau est considérée comme une ressource indispensable pour entretenir son jardin. Lorsque le sol est sec, nous arrosons pour nourrir les plantations. Néanmoins, l’eau reste à préserver et doit être utilisée à bon escient. C’est pourquoi une phase de réflexion en amont est nécessaire.
Lorsqu’il pleut, une partie de l’eau peut pénétrer dans le sol, pendant qu’une autre partie peut ruisseler et s’évaporer. Ce paramètre dépendra des caractéristiques de votre terrain, s’il est en pente ou plutôt plat, s’il est végétalisé ou non, la nature de votre terre ou encore l’intensité des précipitations de votre territoire.
Cet état des lieux est particulièrement important pour les jardins dits méditerranées, soumis à de fortes sécheresses pouvant parfois être longues, et à des épisodes pluvieux parfois intenses.
L’enjeu n’est donc pas seulement d’économiser l’eau : il est de créer progressivement un jardin capable de mieux gérer les périodes d’abondance comme les périodes de manque.
Récupérer
L’eau de pluie
Ralentir
Le ruissellement
Infiltrer
L’eau dans le sol
Stocker
L’eau disponible
Préserver
L’humidité du sol
Récupérer et stocker l’eau disponible
Parce que la nature est merveilleuse, et nous apporte souvent ce dont nous avons besoin, nous pouvons utiliser l’eau de pluie pour arroser notre extérieur. Ainsi, vous réduirez votre consommation d’eau, et votre facture par la même occasion !
Récupérer l’eau de pluie
Si vous habitez dans une maison, ou une habitation individuelle, votre toiture vous permettra de récupérer facilement l’eau de pluie. C’est le point de départ le plus évident lorsque l’on cherche des solutions efficaces pour arroser son jardin à moindre coût. Il vous suffira de placer une cuve au bout de vos gouttières pour stocker efficacement l’eau de pluie.
Vous vous rendrez vite compte des quantités d’eau pouvant être récupérées par ce simple dispositif : 1 mm de pluie tombant sur 1 m² représente théoriquement 1 litre d’eau. Une toiture de 100 m² recevant 20 mm de précipitations reçoit donc environ 2 000 litres d’eau, ce qui représente un potentiel qui est loin d’être négligeable !
Pour aller plus loin sur les différents systèmes de stockage, leur dimensionnement et les précautions à prévoir, découvrez comment récupérer l’eau de pluie au jardin et choisir une solution adaptée à ses besoins.
Créer une mare dans son jardin
Il est également possible d’allier esthétisme et practicité, grâce à la mare naturelle.
En plus d’être un espace permettant de stocker l’eau, la mare naturelle représente un habitat favorable à de nombreuses espèces, telles que les insectes, amphibiens, oiseaux ou végétaux aquatiques : un véritable booster pour la biodiversité environnante.
Se lancer dans la construction d’une mare naturelle ne doit pas être fait à la légère. Une phase d’observation vous permettra de trouver le lieu idéal pour l’accueillir dans votre extérieur, en harmonie avec la circulation naturelle de l’eau de votre jardin.
Ralentir l’eau et favoriser son infiltration dans le sol
Comme vous l’aurez compris, la qualité du sol a un rôle majeur en permaculture. Plus votre sol sera de bonne qualité, moins il nécessitera d’eau pour être arrosé convenablement.
Si votre terrain est assez pentu, l’eau ne pourra pas s’infilter au mieux dans le sol. Il existe des aménagements permettant de ralentir son parcours, et ainsi favoriser l’arrosage naturel de votre jardin, ou de votre potager.
Le Keyline Design
Le « Keyline Design » est une technique d’aménagement paysager développée par l’ingénieur des mines australien P.A. Yeomans (également agriculteur et agronome autodidacte), visant à maximiser l’utilisation bénéfique des ressources en eau, et ainsi éviter l’érosion et le dessèchement grâce aux reliefs.
Par une analyse fine de la topographie du terrain, et la création de baissières et de fossés de récupération d’eau de pluie par exemple, l’infiltration de l’eau dans le sol est améliorée.
Le Keyline Design cherche donc à mieux répartir l’eau dans le paysage et à favoriser son infiltration.
Pour mieux comprendre cette approche et la manière dont le relief peut guider la circulation de l’eau, découvrez comment fonctionne le Keyline Design.
Les swales
Une autre technique régulièrement utilisée en permaculture, et méconnue du grand public : les swales. Ce sont des fossés d’infiltration aménagés selon les courbes de niveau du terrain, ce qui permet, là encore, de stocker les ruissellements après un épisode pluvieux, en ralentissant la progression de l’eau pour favoriser son infiltration dans le sol.
Le swale ne peut pas être utilisé sur tous types d’extérieur. De nombreuses caractéristiques sont à prendre en compte comme la pente, la composition du sol, le taux pluviométrique enrégistré sur le territoire et la disposition d’éventuelles constructions proches de la zone où vous souhaiteriez installer un swale.
Conserver l’humidité et réduire les besoins en arrosage
D’autres procédés, beaucoup plus simple à mettre en place, peuvent être utilisés pour favoriser l’infiltration de l’eau dans le sol, et ainsi garantir un taux d’humidité intéressant pour assurer une bonne vitalité à vos plantations.
Voici un aperçu d’entre elles, que vous pouvez appliquer dès à présent !
Protéger le sol avec un paillage
Pour bien protéger votre sol de la sécheresse, tout en le nourrissant, il suffit de créer une couverture protectrice, permettant ainsi de limiter l’évaporation de l’eau et garantir un taux d’humidité appréciable pour vos végétaux. Un sol nu directement exposé au soleil et aux intempéries perdra de ses nutriments.
Vous pouvez utiliser plusieurs types de matières végétales pour pailler votre sol, telles que les feuilles mortes, la paille ou encore le broyat… il vous suffira de choisir ce que vous avez à portée de main. Bien souvent, la nature nous offre ce dont nous avons besoin !
Cet apport de matière organique s’effectue par le principe de la décomposition. Pensez à pailler votre sol régulièrement.
Améliorer progressivement son sol
Nourrir votre sol sera la clé pour vous garantir de belles récoltes, et une belle vitalité à vos plantes ! Lui apporter de la matière organique est donc indispensable, que ce soit avec du compost ou du terreau, couplé à un paillage de qualité, permettra à la terre d’être enrichie.
Tout dépendra de la nature de votre sol, de sa composition, sa teneur en argile ou en sable. Là encore, observer et comprendre son sol est crucial pour son entretien par la suite.
Maintenir une couverture végétale
Lorsque vous vous rendez dans une forêt ou un espace naturel non « entretenu », vous pourrez vous rendre compte que les végétaux protègent le sol. Celles que l’on appelle les plantes couvre-sol limitent son exposition directe au soleil, et leurs racines vont permettre au sol de conserver une bonne structure.
En s’inspirant de la nature elle-même, on utilise les bonnes méthodes ! En reproduisant cette couverture végétale dans votre jardin, en plantant des trèfles, achillées millefeuilles, de la consoude ou encore de la bourrache, votre sol bénéficiera ainsi de l’aide nécessaire pour être en bonne santé.
Paillage, matière organique et couverture végétale fonctionnent ainsi de manière complémentaire. Pour approfondir le sujet, découvrez comment garder l’humidité dans le sol et réduire les besoins en eau.
Arroser moins souvent, mais au bon moment
Une bonne gestion de l’eau ne signifie pas forcément ne plus arroser. Cela implique une meilleure gestion de l’arrosage de votre espace extérieur.
Mieux vaut privilégier des arrosages conséquents et espacés, avec un sol bien paillé, plutôt que des arrosages plus fréquents mais superficiels. Effectivement, cette deuxième option va avoir tendance à humidifier la couche supérieure du sol, sans l’imprégner en profondeur, et donc ne pas nourrir les racines de vos plants.
Le choix de la méthode, de la fréquence et du moment d’arrosage peut ensuite être adapté à chaque situation. Retrouvez nos conseils pour bien arroser son jardin tout en utilisant moins d’eau.
Penser la gestion de l’eau à l’échelle de tout le jardin
Le principe de la permaculture repose sur le fait de créer un écosystème, à partir de différentes techniques. Toutes celles qui vous ont été présentées dans cet article ne doivent pas être considérées comme des solutions indépendantes, mais peuvent être utilisées en simultanée.
Une bonne gestion de l’eau dépend de la nature de votre terrain : où l’eau arrive-t-elle ? Dans quelle direction circule-t-elle ? Où s’accumule-t-elle ? Quelles zones sèchent rapidement ?
La pente, la nature du sol, les bâtiments, les surfaces imperméables, la végétation existante et l’exposition permettent ensuite de déterminer les solutions réellement pertinentes.
Dans certains projets, la réflexion peut aller encore plus loin avec la phytoépuration, qui utilise des filtres plantés pour participer au traitement des eaux usées. Il s’agit toutefois d’un dispositif d’assainissement à part entière, soumis à des règles spécifiques et qui nécessite une conception adaptée.
La gestion de l’eau en permaculture repose finalement sur une succession assez logique :
observer → récupérer → ralentir → infiltrer → stocker → protéger → utiliser.
C’est la combinaison de ces différentes actions qui permet de concevoir un jardin plus résilient, plutôt que l’installation systématique d’une technique particulière.
Questions fréquentes
Comment économiser l’eau dans un jardin en permaculture ?
La récupération de l’eau de pluie, le paillage, l’amélioration du sol, la couverture végétale et un arrosage adapté permettront sans nul doute de réduire considérablement votre consommation en eau du robinet. Selon le terrain, des aménagements favorisant l’infiltration peuvent également être envisagés.
Comment retenir l’eau sur un terrain en pente ?
Une bonne observation du relief et du cheminement de l’eau sur votre terrain est la première chose à faire. Végétalisation, ouvrages d’infiltration, swales ou principes issus du Keyline Design peuvent ensuite être étudiés selon la configuration du terrain.
Quelle quantité d’eau de pluie peut-on récupérer ?
La formule théorique est simple : 1 mm de pluie × 1 m² de surface = 1 litre d’eau. Il faut ensuite tenir compte des pertes liées notamment à la toiture, aux gouttières et au dispositif de récupération installé sur votre terrain.
Comment garder la terre humide plus longtemps en été ?
Protéger le sol du soleil avec un paillage ou une couverture végétale permet de limiter son dessèchement. L’amélioration progressive de sa structure et de sa teneur en matière organique peut également contribuer à une meilleure gestion de l’eau.
Conseil pratique
les contraintes techniques ne seront pas les mêmes,
tout comme les leviers pouvant être utilisés.
Avant de creuser un swale, d’installer une mare ou de multiplier les systèmes de stockage, il est donc essentiel de comprendre les caractéristiques de votre terrain dans son ensemble,
et d’observer votre milieu naturel.
Perma’Créa fait de cette observation partie intégrante de
la conception d’un jardin. L’objectif : imaginer, ensemble et en accord avec la nature, des aménagements cohérents avec
votre lieu, ses ressources et ses usages, pour mieux valoriser l’eau disponible et créer des espaces plus résilients.